L'homme sans passé

L'homme sans passé

Mercredi 22 mars à 20h55
Réalisation
Aki Kaurismäki
Synopsis
Au crépuscule, un homme arrive dans la gare d’une grande ville. Il va s’asseoir dans un jardin et s’endort sur un banc. Un groupe de skinheads le lynche. Dépouillé de tout, l’homme est envoyé à l’hôpital. Le médecin le déclare mort... Un arc-en-ciel féerique Sorte de Boudu sauvé des eaux, le personnage amnésique d’Aki Kaurismäki ressuscite miraculeusement. Il doit repartir de rien, du néant. Aidé par des familles vivant dans des conteneurs désaffectés au bord d’un grand port, il va se reconstruire autour de nouvelles valeurs. Lorsqu’il demande à payer l’électricien, il obtient pour seule réponse : “Si je tombe dans le caniveau, ramasse-moi.” Après le conte réaliste d’Au loin s’en vont les nuages, après le grand mélodrame muet de Juha, L’homme sans passé semble clore la trilogie des exclus d’Aki Kaurismäki. Ce film s’inscrit en deçà ou au-delà de la critique sociale. Le réalisateur finlandais élude la dimension tragique au profit d’une fable irréelle : un braqueur de banque rembourse ses dettes ; un avocat défend les pauvres hères ; la chorale de l’Armée du Salut improvise un blues métissé de crypto-twist… À travers des situations cocasses, vibrantes d’amitié et d’humanité, L’homme sans passé invite à une réflexion plus large sur le sens de la vie où, selon le cinéaste, il s’agit “de se forger une morale personnelle qui respecte la nature et l’homme, et de s’y tenir”. Comme dans ses trois précédents films, c’est l’amour qui conduit les personnages. Avec ses couleurs saturées, l’écran est une scène de théâtre éclairée par les lumières de la ville qui porte une symphonie de la citoyenneté et une magnifique histoire d’amour. À l’instar du cinéma de Charlie Chaplin et de Jean Renoir, celui de Kaurismäki impressionne notre ciel incertain d’un arc-en-ciel tendre et populaire, féerique.