Les femmes du bus 678

Les femmes du bus 678

Dimanche 08 mars à 20h50
Réalisation
Mohamed Diab
Synopsis
Fayza, mère de famille portant le voile, doit prendre les bus bondés du Caire pour aller travailler. Chaque jour, des hommes se frottent contre elle, la touchent, la menacent, dans l'indifférence générale. Éprouvée par ces assauts répétés, Fayza se rend au cours d'autodéfense de Seba, une Égyptienne de la grande bourgeoisie qui s'est fait agresser au sortir d'un match de football. Bien qu'opposées en tout point, les deux femmes vont combattre ensemble cette violence quotidienne. Elles sont rejointes dans leur lutte par une adepte du stand-up, Nelly, première Égyptienne à avoir déposé plainte pour harcèlement sexuel. Onde de choc Trois Égyptiennes, trois milieux sociaux différents, deux codes vestimentaires opposés, et un problème commun : la répétition des violences sexuelles. Celles-ci se produisent dans le bus, dans la rue, au téléphone… : partout et presque tout le temps, telle une tradition immuable. En s'attaquant au sujet du harcèlement sexuel en Égypte, le film a suscité une onde de choc dans le pays. Projeté un mois avant la révolution, le premier long métrage de Mohamed Diab charge la société cairote. Il montre la solitude des Égyptiennes, délaissées par l'État et culpabilisées par la population, comme l'illustre l'insinuation d'un homme après l'agression de Nelly : "Elle portait sans doute une tenue aguicheuse." Seba, qui distille conseils et mises en garde à ces femmes de plus en plus nombreuses à rejoindre ses cours d'autodéfense, tente de sonner la révolte : "Pour se défendre, il faut être ferme. Regardez-le dans les yeux. Il aura peur de vous. Sa cible : les femmes faibles." Une dernière phrase contestable, la cible des agresseurs étant la femme en général, qu'elle soit faible ou forte, riche ou pauvre, voilée ou habillée "à l'occidentale". Une étude de l'ONU parue en 2013 l'atteste : 99 % des Égyptiennes ont été victimes de harcèlement sexuel. La situation semble néanmoins se décanter car le gouvernement égyptien a adopté l'an dernier une législation punissant ce type d'agression, avec des sanctions allant jusqu'à la prison ferme.