Film muet

Les beautés de l'Italie

15 min

Ce documentaire se compose de trois « visions pittoresques » de l’Italie du nord.
D’abord, nous découvrons le golfe de La Spezia, ses villages typiques, ses oliviers, ses couchers de soleil. Puis, nous partons pour la vallée d’Aoste, le Mont Rose, le château de la Maison de Savoie, la vie des villages de montage. Enfin, c’est la lagune de Venise, et ses pêcheurs, qui nous accueillent au coucher de soleil.
Restauré, ce film retrouve ses magnifiques couleurs d’origine, qui accentuent la beauté des paysages italiens.
Le Bellezze d’Italia, trittico di visioni pittoresche dépeint et met en valeur les paysages italiens d’une région au tourisme naissant. Les possibilités nouvelles qu’offre le cinéma, par rapport à la photographie, sont exploitées : le film contient beaucoup de panoramiques, mouvement de caméra tout à fait propice à la représentation de paysages. On remarque aussi l’usage de caches, qui donnent à l’image une esthétique de carte postale.
Le caractère pittoresque de ces images découle des lieux qui nous sont montrés : outre la vie des villages côtiers ou montagnards, les couchers de soleil, le film nous expose la chaîne du Mont Rose, second plus haut massif des Alpes après le Mont Blanc. Nous apercevons également le château de la Maison de Savoie, construit dans un style médiéval pour la reine Marguerite de Savoie (1851-1926), entre 1899 et 1904.
L’origine de ce documentaire italien reste hypothétique : le Museo Nazionale del Cinema de Turin, qui le conserve, suppose que les trois visions formaient trois films indépendants, tournés en 1911 par Piero Marelli (1881-1932) pour la maison Pasquali. Cette société de production, fondée en 1908 par Ernesto Maria Pasquali (1883-1919), aurait revendu ces copies à la Tiziano film, société fondée en 1920, qui les réunit en un seul film, qu’elle distribue. Mais sur les cartons des deuxième et troisième visions du film demeurent les inscriptions de la maison Pasquali.
C’est en 1994 que le Museo Nazionale del Cinema de Turin acquiert une collection de documentaires paysagistes, parmi lesquels figure une copie nitrate de Le Bellezze d’Italia, trittico di visioni pittoresche. La copie est restaurée par le Museo Nazionale del Cinema au laboratoire Haghefilm d’Amsterdam ; la technique dite de Desmet permet au film de retrouver ses couleurs sublimes, qui s’obtenaient à l’origine en plongeant la pellicule dans un bain colorant, pour teindre l’image.
Ce film appartient aux collections du MUSEO NAZIONALE DEL CINEMA.

Film muet

Le visage de la gare

11 min

Le film s'ouvre sur un travelling, le long des voies : nous sommes à la gare centrale de Francfort.

Les trains filent ; les passagers attendent ; les vendeurs s'affairent. Le bruit mécanique des locomotives accompagne l'activité de la gare. Depuis le poste de contrôle, nous surplombons les rails, qui s'entremêlent. L'oeuvre s'achève sur un jeu entre la musique d'Oskar Sala et les images tournées par Manfred Durniok.

Inaugurée en 1888, la gare de Francfort est l'une des plus importantes d'Europe. Contenant 5 halls et 25 voies, elle dessert les principales villes allemandes et certaines capitales européennes. Lieu de mouvement, de flux, d'attente, elle est pour le jeune Manfred Durniok (1934-2003) un terrain idéal pour s'initier à la pratique cinématographique. Sans parole, ni voix off, son documentaire explore les différentes facettes du lieu : objet architectural, lieu de transit, concentré social.

L'intérêt de cette oeuvre réside notamment dans le travail de la bande sonore, qui dialogue avec les images. A la fin du film, elle ajoute même une tonalité humoristique, par des effets ludiques de réponse, d'accentuation ou de ponctuation. C'est Oskar Sala (1910-2002) qui compose et interprète cette musique. Physicien de formation, il est l'un des pionniers allemands de la musique électroacoustique. Il a créé plusieurs variations du même instrument, le trautonium, inventé par Friedrich Trautwein (1888-1956) en 1930, qui génère du son grâce à des oscillations électriques. La même année que ce film, Oskar Sala entame une collaboration avec Alfred Hitchcock (1899-1980), pour lequel il compose et interprète la fameuse bande-son du film Les Oiseaux (The Birds), avec le concours de Remi Gassmann (1908-1982). Il acquiert ainsi une notoriété internationale. Son oeuvre comptera plus de 300 créations sonores pour le cinéma, la télévision ou la radio.

Manfred Durniok est un producteur allemand reconnu, dont la carrière recense plus de 400 films produits ou réalisés. Autodidacte, il tourne son premier film en 1957. Curieux de découvrir le monde, il s'intéresse particulièrement à l'Asie, dès les années 1960. En 2008, sa fille a fait don de ses films et de ses documents à la Deutsche Kinemathek.

Ce film appartient aux collections de la DEUTSCHE KINEMATHEK.

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