Magazines du cinéma

Alain Gomis

bu-282-alain-gomis.jpg

Le court métrage Petite Lumière, les longs métrages L’Afrance et Andalucia, cela fait maintenant quelques années que nous suivons le parcours du cinéaste franco-sénégalais Alain Gomis. La sortie cette semaine de son dernier film en date, Félicité, grand prix du jury au dernier festival de Berlin, est l’occasion de l’inviter dans les colonnes de Blow up pour répondre à notre traditionnel questionnaire.

Alors quelle est la cinéphilie d’Alain Gomis ? Réponse en une vingtaine de questions, non sans vous avoir au préalable montré la bande-annonce de Félicité.

 

 

Alors, Alain Gomis, si vous deviez choisir une scène d’ouverture…

 

 

La scène d’ouverture de Guet-apens de Sam Peckinpah. C’est une scène assez difficile à décrire car plusieurs temporalités se mélangent. Le film commence lorsque Steve McQueen sort de prison, Ali MacGraw vient le chercher et ils vont dans un square. Ils se mettent à courir pour finalement se jeter dans une petite rivière. On ne sait plus ce qui est de l’ordre du rêve ou de la réalité, l’atmosphère visuelle et sonore est tellement étrange. Pour moi c’est une scène d’ouverture impressionnante car on fait corps avec le personnage en quelques minutes seulement.

 

Une performance d’acteurs…

 

 

Je dirais Buster Keaton dans Le Figurant. Parce qu’il fait passer beaucoup d’émotions différentes dans son jeu : le désir, l’amour, le réconfort en ne faisant presque rien (dans ce film particulièrement car il y a moins d’acrobaties). Du coup, Keaton dégage un sentiment de maladresse, comme si, le simple fait d’être au monde était une maladresse.

 

 

Dans un autre genre, je dirais aussi Toshirō Mifune, qui est capable de tout. Il est très expressif … J’allais dire plus physique que Keaton, alors qu’on peut difficilement faire plus physique que lui ! Mais Mifune est capable d’être à la fois un pleutre crédible et un type terrifiant.

 

Une voix…

 
 

Celle de Mahalia Jackson à la fin de Mirage de la vie de Douglas Sirk.

 

Une bande originale…

 

 

La musique de Maurice Jaubert pour L’Atalante. La musique nait sans cesse du film et des éléments sonores que l’on n’entend pas dans le film. Car on est au tout début du film parlant.

 

Une danse…

 

 

La danse des Nicholas Brothers dans Symphonie magique d’Andrew Stone. Ce sont deux frères, danseurs de claquettes, complètement dingues. Ils ont un côté Buster Keaton justement… de vrais virtuoses. Sinon, la scène de boxe dans Les Lumières de la ville de Chaplin.

 

Une réplique…

 

 

« Tiens ta bougie droite » dans Marie Martine d’Albert Valentin. Le personnage de Saturnin Fabre (un magnifique acteur) n’a pas l’électricité, Bernard Blier lui rend visite et ils tiennent chacun une bougie dans la main. Et Saturnin Fabre n’arrête pas de dire à son invité « tiens ta bougie droite ! ».

 

suivant  > >