Berlinale 2017

«Histoire de Judas» de Rabah Ameur-Zaïmeche - Lundi 13 février à 00h25

Trois bonnes raisons de voir «Histoire de Judas» de Rabah Ameur-Zaïmeche

 

 

Après une longue ascèse, Jésus rejoint les membres de sa communauté, soutenu par son disciple et intendant, Judas. Son enseignement sidère les foules et attire l’attention des résistants, des grands prêtres et de l’autorité romaine. Quand il chasse les marchands du Temple, Judas se révèle être le gardien des paroles du maître…

Nouvelle plongée dans l’histoire aux ramifications contemporaines après Les Chants de Mandrin, Histoire de Judas apparaît sans aucune trace d’ambigüité comme une entreprise de réhabilitation de Judas, figure emblématique de l’antisémitisme chrétien dont l’accusation infamante de trahison est ici balayée pour exalter son héroïsme tragique, sa loyauté indéfectible et son amitié pour Jésus. C’est un appel à la fraternité entre les hommes et au dialogue entre les différentes confessions. Rabah Ameur-Zaïmeche adopte une mise en scène à la frontalité primitive, une forme de théâtre à ciel ouvert où les comédiens, pour la plupart non professionnels, évoluent dans les paysages à la fois arides et magnifiques de l’est algérien et des Aurès, en pays berbère. Fuyant les artifices de la reconstitution historique, Rabah Ameur-Zaïmeche filme au présent des ruines, des pierres, des corps et des visages en puisant son inspiration chez Caravage et Rembrandt. Une stylisation qui n’enlève rien à l’incarnation du film. Son cinéma de poésie, moderne et politique sous son archaïsme de façade et sa dimension mythologique, évoque bien sûr celui de Pasolini, référence qui n’avait pas besoin d’un sujet religieux pour éclairer sa démarche.

 

« Comme pour un voyage dans le temps, nous traiterons des situations en nous emparant de l’histoire et en bouleversant ses espaces. Notre cinéma oscillera entre la lumière et l’obscurité, la contemplation et l’action, le sentiment et la pensée, la mise en scène et le geste brut. Les évasions, les éclats de rire et de fureur, les chants et les prières nourriront notre narration, sans omettre dans la composition des scènes des moments différents qui n’appartiennent qu’à l’instant, qu’à l’élan.

Le principe de cet élan spontané traversera l’histoire de Judas Iscariote comme une échappée liée au corps et au cœur, une louange adressée au mystère. »

(Rabah Ameur-Zaïmeche, extrait de la note d’intention pour le projet d’un film sur Judas)

Olivier Père

Générique

Réalisation :Rabah Ameur-Zaïmeche
Scénario :Rabah Ameur-Zaïmeche
Image :Irina Lubtchansky
Montage :Grégoire Pontécaille
Musique :Rodolphe Burger, Elise Caron, Nabila Mokeddem
Production :Sarrazink Productions, ARTE France Cinéma
Producteur/-trice :Rabah Ameur-Zaïmeche

Avec : Nabil Djedouani, Mohamed Aroussi, Rabah Ameur-Zaïmeche, Marie Loustalot (Bethsabée), Régis Laroche, Eliott Khayat

Pays :France, Algérie

Année :2015