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Votre plus grande peur au cinéma ? 40 cinéastes répondent…

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Si vous êtes familiers de Blow up, vous connaissez notre traditionnel questionnaire cinéphile proposé à des cinéastes aussi différents que Christophe Honoré, Kiyoshi Kurosawa, Guy Maddin, Michel Ocelot, Apichatpong Weerasethakul, Gus Van Sant, François Ozon, Christian Petzold, Paul Verhoeven ou Arnaud Desplechin. L’une des questions de ce questionnaire porte sur la peur. La fête d’Halloween nous a donné envie de compiler toutes ses réponses.

Alors, si vous deviez choisir une frayeur de cinéma ?

 

Arnaud Desplechin

(Un conte de noël, Les Fantômes d’Ismaël…)

 

Difficile de répondre : le cinéma me plonge toujours dans l’effroi. Enfant, j’ai été envahi par la peur devant Ordet . Aujourd’hui, Videodrome que je n’ai toujours pas réussi à voir en entier.

 

 

François Ozon

(Huit femmes, potiche…)

 

Attention à la lumière du frigidaire dans Wait until dark de Terence Young avec une Audrey Hepburn aveugle.

 

 

Bertrand Bonello

(Nocturama, Saint  Laurent…)

 

Shining. Le film est sorti en 80, il était interdit au moins de 13 ans, j’en avais 12. J’ai réussi à entrer au cinéma. Je l’ai regretté. Les jumelles dans le couloir, la vieille dans le miroir… 

 

 

Mia Hansen-love

(L’Avenir, Eden …)

 

Je suis terrorisée à chaque fois que je vois un film d’horreur, bon ou mauvais.

 

Abel et Gordon

(Paris Pieds nus, La Fée…)

 

La scène de torture dans Reservoir Dogs.
Mais aussi: la scène où Dennis Hopper maltraite Isabella Rossellini sur le divan tandis que Kyle MacLachlan se cache dans l’armoire dans Blue Velvet.

 

 

Jeanne Balibar

(Barbara, Par exemple Electre…)

 

Il faut plutôt appeler ça une terreur : j’ai 8 ou 9 ans, ma mère m’a emmené voir L’Esprit de la Ruche de Victor Erice parce que je suis fan de Ana Torrent depuis Cria Cuervos. Elle est au bord d’une rivière toute noire et Frankenstein (le vrai en noir et blanc incrusté là, c’est un trucage) se penche sur elle par derrière… Jamais eu aussi peur de ma vie, ni depuis au cinéma. Autre terreur : Christopher Walken jouant à la roulette dans The Deer Hunter. C’est un film que j’ai vu très tard ; je crois que je me suis réveillée toutes les nuits pendant plus de deux semaines après l’avoir vu, terrorisée par ces scènes.

 

 

Jean-Claude Brisseau

(La fille de nulle part, A l’aventure…)

 

Le premier qui m’ai vraiment fait peur, c’est Le Cauchemar de Dracula, je devais avoir treize ans. En le revoyant, je trouve d’ailleurs que le film tient le coup. Sinon, bien sûr : Psychose. La première fois que je l’ai vu, je ne savais absolument pas ce qui allait se passer, le meurtre sous la douche, etc. Et curieusement, j’ai vu et revu le film et il m’a toujours fait de l’effet. C’est au passage en décortiquant Psychose que j’ai appris ce qu’était la mise en scène, le découpage au cinéma, etc.

 

 

Gustave Kervern

(Saint Amour, Mammuth…)

 

Gloria Swanson et Erich Von Stroheim dans Boulevard du crépuscule. Les yeux de Gloria Swanson me filaient les jetons. Je me souviens avoir eu très peur aussi en voyant Rebecca d’Alfred Hitchcock. Et pour que je me rappelle du titre encore aujourd’hui c’est que ça m’a définitivement marqué. Il était fort le gros ! Je passerai sur Les Dents de la mer, qui m’a littéralement cloué à mon fauteuil à l’époque. Autre frayeur récente : le film We need to talk about Kevin. A déconseiller aux parents sensibles.

 

 

Guy Maddin

(La Chambre interdite, Ulysse, souvient toi !…)

 

Quand j’étais gamin, je me souviens avoir vu au cinéma Hush Hush Sweet Charlotte de Robert Aldrich. Je devais avoir 8 ou 9 ans et j’avais été marqué par une scène où une fausse tête coupée tombait dans un escalier. J’ai dû rentrer tout seul chez moi après la séance. J’ai été terrifié.

 

Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

(Low life, Mademoiselle Julie…)

 

NK : Shining de Kubrick. J’étais allé voir le film seul et me suis carrément évanoui pendant la séquence dans le labyrinthe. Je n’ai jamais vécu quelque chose comme ça au cinéma. Même Salo de Pasolini ne m’a pas fait un tel effet de terreur. Le film de Pasolini est un film qui t’oblige à penser, pour ne pas te faire engloutir. A construire une distance entre toi et ce que tu vois. Lui-même travaille avec cela, la distance, la forme. Mais chez Kubrick, aucune manière de te protéger contre la psychose du film. Le film pense comme une psychose projetée directement dans ton cerveau.



EP : Délivrance de John Boorman. La nature est si belle, l’eau fraîche et généreuse, les arbres immenses et fiers… Des hommes de la ville décident de passer un weekend dans cette luxuriante nature – Faisant corps avec la forêt, d’autres hommes, sournois, pervers et débiles attendent leurs proies.

 

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