FABULATEUR

Vérités et mensonges

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FABULATEUR -  Vérités et mensonges
FABULATEUR - Vérités et mensonges Entremêlant réalité et fiction, il a créé ce qui restera dans le panthéon de ses œuvres : sa propre légende.  . FABULATEUR -  Vérités et mensonges

Welles décroche son premier rôle en mentant sur son âge. Première mystification d’un homme qui a passé sa vie à construire sa légende.


Il aurait été découvert à son bureau, les mains sur sa machine à écrire. Sous le cylindre, les premières pages d’un dernier scénario inachevé… Le génie aura été à l’œuvre jusqu’à son dernier souffle. Au lendemain de la mort de Welles, le 10 octobre 1985, c’est cette version de sa disparition qui circule. Peu importe que son fidèle chauffeur certifie avoir trouvé le corps inerte de Welles dans sa chambre, allongé sur le sol, un oreiller sous la tête… La vie de cet homme de légende ne pouvait avoir qu’une fin, elle aussi, légendaire.  

Le récit de sa vie, tel qu’il reste dans les mémoires, commence comme une fable. Il était une fois un enfant prodige qui savait lire à deux ans, jouer du piano à trois et déclamer l’intégralité du Roi Lear à sept… Si de nombreux témoignages attestent de la précocité de Welles, il est difficile de démêler l’approximation de l’exagération ou de l’invention pure. Orson Welles a pris tant de soin à brouiller les pistes, à entremêler vérités et mensonges, comme dans le film du même nom. F for Fake, en version originale, est une variation sur l’imposture et le charlatanisme, un aveu de son amour du mélange réalité et fiction.  

Si  l’une  et  l’autre  sont  devenues  indissociables, c'est peut-être parce  que Welles les entremêle dès la naissance de son personnage public. C’est grâce à  une  affabulation  emblématique  de  son  art  de  la  mystification,  qu’il  a révélée  plus  tard,  que  Welles  démarre  sa  carrière  de  comédien.  Agé  de seize ans, ce féru de magie se grime, timbre sa voix vers les graves pour se vieillir et se fait passer pour un comédien vedette new yorkais de vingt-­deux ans. Les directeurs du Gate Theatre de Dublin lui mettent le pied à l’étrier. Welles enchaîne dès lors les petits rôles.

Pour parfaire et vieillir mon personnage, j’ai pris un cigare et ce vice ne m’a pas quitté depuis.

C’est ainsi que Welles raconte comment il aurait trouvé son attribut iconique, son légendaire cigare, inséparable du personnage Orson Welles. Une mystification de la mystification dont il restera le seul et unique à connaître l’entière vérité.


Projet écrit et conçu par: France Swimberge, Samuel Pott et Antoine Silvestri
Produit par:  Fanny Glissant
Illustrations : Antoine Silvestri
Graphistes : Germain Bréchot, Charlotte Baker, Ludovic Le Guyader, Claire Perrier-Imhoff-Boué
Illustratrice sonore : Marie Guérin
Production : Compagnie des Phares et Balises
© Compagnie des Phares et Balises – Arte France - 2015

Crédits vidéo Mensonge Irlande: « Orson Welles, The One-Man Band» de Vassili Silovic, 1995 © Medias Res Film-und TV-Produktion GmbH