«Robot Monster» de Phil Tucker

Les belliqueux ro-man, robots extraterrestres ont annihilé la population humaine grâce a un rayon cosmique, mais avant de pouvoir coloniser la terre, le leader ro-man donne ordre à son subordonné sur notre planète de tuer les huit derniers survivants. Parmi ceux–ci, la famille du petit Johnny, dont le père, un professeur, a mis au point un sérum protégeant les humains du rayon mortel…

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Robot Monster a le douteux privilège de figurer en bonne place dans les listes des plus mauvais films de l’histoire du cinéma, aux côtés du fameux Plan 9 from Outer Space de Ed Wood. Les deux films appartiennent à la catégorie des films de science-fiction ultra fauchés et débiles produits aux Etats-Unis dans les années 50, à une époque où le genre n’était pas vraiment pris au sérieux et se trouvait cantonné dans les marges du cinéma, entre les mains de tacherons besogneux ou d’auteurs farfelus.

Robot Monster réalisé en 1953 précède de cinq ans le film d’Ed Wood. Il est entré dans la (petite) légende de la série Z en raison de l’apparence absurde de l’unique extraterrestre apparaissant à l’écran, un dénommé Ro-Man : un homme dans un déguisement de gorille, affublé d’un casque de scaphandrier comme seul élément futuriste, avec une gestuelle de catcheur neurasthénique et des dialogues grandiloquents.

Le réalisateur et le costumier ont fait avec ce qu’ils avaient sous la main, cela participe à une esthétique de la récupération et du système D qui caractérise ce film et quelques autres, édifices naïfs et bricolés, involontairement proches de l’art brut. Ro-Man n’est pas le seul élément excentrique qui a valu au film sa réputation d’objet filmique étrange : des stock-shots d’animaux préhistoriques – en fait, des lézards déguisés – et de dinosaures en pâte à modelés empruntés à d’autres films et qui n’ont aucun rapport avec l’histoire, un ordinateur qui émet des bulles de savon, une utilisation rachitique de la 3D, une histoire à dormir debout.

Les incohérences du récit et le caractère absurde et minimaliste de cette invasion extraterrestre ayant provoqué l’anéantissement de l’humanité s’expliquent par la nature onirique du film, un simple rêve d’enfant. L’imagination fiévreuse d’un enfant est donc l’alibi magique qui permet aux auteurs de légitimer la bizarrerie bancale de leur création, pourtant imputable aux carences du budget, à la maladresse et à l’amateurisme qui régna dans tous les secteurs de la fabrication du film.

Olivier Père

 

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Générique

(1953, ÉTATS-UNIS, 66 MIN, N&B)

Réalisateion : Phil Tucker
Avec : Claudia Barrett, George Barrows, George Nader

La Chronique de Nanarland: "Son auteur, Phil Tucker, est un distributeur de films de striptease pour l’Alaska qui tenta sincèrement de se reconvertir dans le polar et surtout la SF.  Robot Monster est son premier essai et dans le genre on peut dire que c’est là un coup de maître ...