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Michel Hazanavicius

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Les habitués de Blow up le savent : nous sommes particulièrement fans de la série des OSS 117 de Michel Hazanavicius. En effet, pas un Top 5 digne de ce nom sans la présence de notre espion préféré. Nous sommes donc très heureux d’accueillir le cinéaste dans les colonnes de Blow up, surtout lorsqu’on se souvient qu’Hazanavicius a également co-réalisé un autre « objet » culte, La Classe américaine, film de détournement dont ne nous lasserons jamais.

Alors que sort Le Redoutable, film où il pastiche avec un certain plaisir le Godard politique des années 67/68, Michel Hazanavicius répond donc à notre traditionnel questionnaire cinéphile.

 

 

Alors, Michel Hazanavicius, si vous deviez choisir :

 

Une scène d'ouverture…

 

Rio Bravo. Sans doute le film que j'ai le plus vu. L'ouverture est magistrale. En quatre minutes sans dialogues, à travers une situation ultra forte, on découvre les personnages principaux dans ce qu'ils ont de plus profond, on comprend leur relation, on a une idée de leur passé, et l'action commence. C'est tendu, c'est sec, c'est beau, si ce n'est pas de la perfection, ça y ressemble énormément.

 

Une performance d'acteur…

 

Alberto Sordi. Alberto Sordi est une performance d'acteur, point. Pour choisir un film, je dirais le sketch d'Ettore Scola "Traitez la comme une reine » dans Les Nouveaux monstres. C'est un chef-d'oeuvre de cruauté humaniste. Sordi y montre, d'une manière à la fois grotesque et d'une incroyable finesse, la lutte intérieure d'un homme qui agit mal, qui le sait, et qui cherche à justifier sa veulerie et sa lâcheté en se mentant à soi-même. C'est magnifiquement écrit, c'est parfaitement réalisé, et Sordi est dément.

 

Une voix…

 

 

James Mason. On dirait du miel. Mais comme j'ai la place, j'en dis un autre. Jacques Deschamps. Il est la voix française des premiers Clint Eastwood. Il en a doublé d'autres, bien sûr, mais la voix de Clint, c'est ma madeleine. Encore aujourd'hui, quand je montre les westerns spaghetti à mon fils, c'est en français. Je ne peux pas m'empêcher.

 

Une Bande originale…

 

Vertigo. Magnifique thème, romantique, mélancolique, introspectif (même si je ne suis pas sûr de la pertinence de ce mot, mais c'est l'effet que ça me fait). La relation Herrmann-Hitchcock est le parangon des couples réalisateurs-musiciens indissociables. Spielberg-Williams, Fellini-Rota, Leone-Morricone, etc. Mais Herrmann, qui commence avec Citizen Kane et qui finit avec Taxi Driver, on peut dire que c'est du lourd.

 

Une danse…


Les Nicholas Brothers dans Stormy Weather. Arrêtez ce que vous êtes en train de faire (lire des conneries), et allez regarder leur numéro sur You tube. Je ne suis pas un expert en danse, mais ces deux types sont évidemment hors catégorie.

 

Une réplique…


Prévert, dit par Arletty, dans Les Enfants du Paradis : "Vous êtes riche et vous voudriez être aimé comme un pauvre. Et les pauvres, on ne peut quand même pas tout leur prendre aux pauvres !"J'ai choisi celle-là parce qu'elle a une belle morale. Dans certains cas j'y pense, et elle m'aide à trouver une attitude qui me paraît juste.

 

Un générique…

 

Tout Saul Bass. S'il faut n'en citer qu'un, je dirais L'Homme aux bras d'or, peut-être l'un des plus connus, en tout cas qui est l'essence même de son style. C'est hyper graphique, épuré, stylisé, et signifiant, et on dirait que ça a été fait pour qu'on mette du jazz dessus. Comme tous les bons génériques, il mérite d'être revu après avoir vu le film, pour en saisir toute la pertinence. Allez, avance amigo...

 

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