Muets sur ARTE

«L'Inhumaine» de Marcel L‘Herbier

L'inhumaine

Claire Lescot, cantatrice hautaine et secrète, semble mépriser l'humanité. Un jeune admirateur se tue pour elle. Elle chante malgré le drame, mais ne peut rester insensible...

Une synthèse des arts

En 1923, grâce à ses recherches plastiques, Marcel L'Herbier est considéré comme un cinéaste d'avant-garde. De retour d'un voyage aux États-Unis, la cantatrice Georgette Leblanc (sœur du romancier Maurice Leblanc et compagne de l'écrivain Maeterlinck) lui confie qu'un financier new-yorkais s'intéresserait à un film montrant les tendances actuelles de l'art français, où elle tiendrait la vedette. Ainsi naît l'histoire féerique de L'inhumaine, imaginée par Marcel L'Herbier pour Georgette Leblanc, deux ans avant la fameuse exposition des Arts Décoratifs. Le film doit constituer une sorte d'avant-première de l'événement.

Pour réaliser cette synthèse des arts du moment, Marcel L'Herbier confie les décors au peintre cubiste Fernand Léger, à l'architecte Robert Mallet-Stevens, à Claude Autant-Lara et à Alberto Cavalcanti. Les meubles sont conçus par Pierre Chareau, les robes par le couturier Paul Poiret. Darius Milhaud compose la partition orchestrale. Après une première restauration partielle, en  1986, cette nouvelle version restaurée restitue à L'inhumaine ses couleurs d'origine, à partir des directives inscrites sur les négatifs conservés par les Archives françaises du film. Un travail acharné réalisé par la société Lobster Films. Le percussionniste Aidje Tafial a composé une nouvelle musique en s'inspirant des indications données par Darius Milhaud.