CAMÉLÉON

L’homme aux mille visages

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CAMÉLÉON - L’homme aux mille visages
CAMÉLÉON - L’homme aux mille visages Postiches, faux-­nez, changement de voix: rares sont les acteurs qui ont autant joué avec leur apparence. CAMÉLÉON - L’homme aux mille visages

 

1934 : Orson Welles incarne la Mort dans son deuxième court-­métrage, The Hearts of Age. Première transformation du futur acteur aux mille visages.


Dans Citizen Kane, Orson Welles incarne Charles Foster Kane jeune puis se métamorphose en vieillard. Avec ce rôle qui l’a rendu célèbre, l’acteur appose sa marque de fabrique : le transformisme. Il semble vouloir et pouvoir tout jouer. Sur scène comme à l’écran, Orson Welles s’extrait de sa propre apparence pour créer celle de son personnage. N’importe quel personnage. Une marchande de fleurs grivoise, un cardinal obèse dans Un homme pour l’éternité, mais aussi Macbeth, Othello, l’hirsute Falstaff en passant par Churchill ou un prince tartare… Il est souvent méconnaissable et sa palette de personnages semble sans limites.

 J’aime me cacher. C’est un camouflage. Je me cache de ma propre image que je n’ai aucun plaisir  à  voir.

Paradoxe  du  comédien,  pudique  et  exhibitionniste,  Orson  Welles apparaît rarement au naturel. Complexé par son nez qu’il trouve trop petit, il porte dans la plupart  des  films  l’un  de  ses  accessoires  fétiches :  un  faux­‐nez.  De  toutes  les  tailles  et  de toutes les formes, il en possède une importante collection.  

Le faux-­nez est le point de départ à partir duquel il construit l’apparence physique de ses personnages.  Vient  ensuite  le  maquillage,  dont  il  maîtrise  la  technique.  Il  l’utilise  pour renforcer ou gommer l’ovale de son visage, pour durcir un trait… Ensuite, c’est au tour du postiche. Il en raffole et s’en affuble souvent. Puis vient le travestissement de sa voix. Il est capable de la moduler en jouant avec sa tessiture, les accents et en variant son débit.

Mille détails lui permettent d’accomplir sa métamorphose. Avec sa fine moustache, ses yeux écarquillés, sa voix lancinante à l’accent gitan, il est l’hypnotiseur Cagliostro. Perruque ondulée, sourcils démesurément broussailleux, voix nasale et accent du Midwest, il devient Sigsbee dans L’Affaire Manderson. Négligé, marmonnant, il est le corpulent shérif alcoolique Hank Quinlan dans La Soif du Mal

 

En 57 ans de carrière, Orson Welles se métamorphose en une quarantaine de personnages.


Pour sa première métamorphose à l’écran, Orson Welles incarne la Mort. Il a dix-­neuf ans et joue dans un court­‐métrage qu’il réalise, en 1934, The Hearts of Age. Il se grime en vieillard et tente de dissimuler sa jeunesse en claudiquant. Novice dans l’art du travestissement, il apparaît comme un enfant qui joue à se déguiser. Et si au-­delà du déplaisir d’affronter sa propre image, le jeu était à l’origine de ce goût immodéré pour la métamorphose ?


 

Projet écrit et conçu par: France Swimberge, Samuel Pott et Antoine Silvestri
Produit par:  Fanny Glissant
Illustrations : Antoine Silvestri
Graphistes : Germain Bréchot, Charlotte Baker, Ludovic Le Guyader, Claire Perrier-Imhoff-Boué
Illustratrice sonore : Marie Guérin
Production : Compagnie des Phares et Balises
© Compagnie des Phares et Balises – Arte France - 2015

Crédits vidéo The Hearts of Age: « The Hearts of Age » Orson Welles et William Vance 1934 © Tous droits réservés