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«Lamb» de Yared Zeleke - Premier film éthiopien au Festival de Cannes

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Ce premier film éthiopien (et première sélection de ce pays au festival de Cannes), est un portrait tenace et beaucoup plus retors qu’il n’y paraît d’un enfant d’aujourd’hui dans un pays plutôt secret mais néanmoins splendide.

Le réalisateur Yared Zekele, (passé par l’Atelier de la Cinéfondation qui forme et aide les futurs cinéastes du monde entier), ne se laisse en effet pas absorber par la beauté très puissante des paysages, mais s’en sert plutôt pour montrer la force de caractère de son très jeune héros.
Ce dernier n’est effectivement jamais submergé par ces étendues (admirablement éclairées par Josée Deshaies, la géniale chef opératrice des films de Bertrand Bonello).

Ce qui ne pourrait être alors qu’un simple et très joli petit « feel good movie » exotique, se révèle être une histoire aux maintes questions fondamentales.
Des questions sur la persévérance d’une personnalité à naître, sans se laisser conditionner par l’appartenance à un genre. Ephraïm apparaît en effet comme un miracle dont les adultes prédéterminés ne savent que faire.
À la fois sous le charme de cet enfant qui enchante accroupi en composant des plats merveilleux, et sous le joug d’une tradition qui veut qu’un garçon ne pratique pas des activités dites de filles, le nouvel environnement du jeune héros oscille entre surprise et rejet. Peu importe, toujours flanqué de sa biquette, l’enfant-cuisinier, objet innocent de transgression et déstabilisation se montre surprenant, sans fatigue, ni découragement. Obstinément combattant et réconciliateur.

Lamb est présenté en sélection officielle, dans la section Un Certain Regard, Cannes 2015.

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