L'art du Nanar

«La momie aztèque contre le robot» de Rafael Portillo

Le docteur Krupp, un scientifique fou, devenu un malfaiteur sous le nom de « la chauve-souris » veut s’emparer du pectoral et d’un bracelet que porte une momie. Sur ces objets sont en effet gravés des hiéroglyphes indiquant l’emplacement du trésor des Aztèques, richesse qui doit permettre à Krupp de devenir maitre du monde. Mais Pococa, la momie aztèque, gardienne de ces ornements sacrés, reprend vie pour châtier les individus qui tentent de les lui dérober. Les précédentes tentatives du Dr Krupp et de ses sbires ont d’ailleurs échoué. Mais après avoir disparu pendant cinq ans la chauve-souris réapparaît : il a mis au point un robot humain qui doit combattre et vaincre la momie aztèque…

Monteur et scénariste, Rafael Portillo réalise son premier long métrage en 1953 El Fantasma se enamora.  Il interviendra “dans l’ombre”  dans la réalisation de plusieurs films hollywoodiens tournés au Mexique comme De la terre à la lune (1958) ou La pluie du diable (1975).  Il reste surtout connu pour avoir tourné la trilogie des momies aztèques :
1957 : La momia azteca
1957 : La maldicion de la momia azteca
1957 : La momia azteca contra el robot humano

 La Momie aztèque contre le robot (La momia azteca contra el robot humano, 1959),est la dernière partie de la trilogie de la momie aztèque commise par le multirécidiviste Rafael Portillo, tâcheron du cinéma populaire mexicain. ARTE avait déjà diffusé le second opus, La malédiction de la momie aztèque, dans sa case trash en juin 2015

Nous retrouvons le Dr. Krupp, génie du crime surnommé « la chauve-souris » et interprété par un acteur rondouillard et barbichu qui cabotine éhontément, une nouvelle fois opposé à ses ennemis jurés le Dr. Sepulveda et Pinacate débarrassé de sa double identité de catcheur masqué El Angel – les combats de catch sont un élément qui manque cruellement à ce film mexicain. « La chauve-souris », jamais à cours d’idée démentes, a inventé un robot afin de dérober les bijoux de la fameuse momie aztèque.

Le film est essentiellement constitué de joutes oratoires absurdes et de bagarres mollassonnes dans des décors miteux de laboratoires ou de repaires de gangsters. Il faut attendre le dernier quart d’heure pour assister enfin à l’affrontement sans merci entre la momie et le robot radioactif, mais pas très actif. Le film date de 1959 mais le caractère infantile de son récit – on n’ose pas évoquer l’aspect extrêmement rudimentaire de sa mise en scène – ferait passer les sérials américains des années 30 pour des modèles de sophistication et de profondeur psychologique.

Entre spectacle de patronage et cour de récréation, La Momie aztèque contre le robot constitue le bas du panier de la pléthorique production mexicaine bis, qui possède ses perles et ses trésors cachés. Mais c’est un nanar qui satisfera les « complétistes » les plus persévérants, capables de patienter jusqu’à l’apparition amusante de ce robot humain, guère gâté par son créateur.

Olivier Père

Générique:

Réalisation : Rapfael Portillo
1958, MEXIQUE, 65 MIN, N&B
Avec : Ramon Gay, Rosa Arenas...