Cannes 2016

Guiraudie, les héros sont verticaux

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A l’époque, et pour treize petites minutes, elle se circonscrivait à cette place de Blagnac, ce pas d’une porte d’une église, la nuit. Une caméra qui suit de dos un jeune homme marchant d’un pas vif, quelques notes d’une guitare tentée par le blues, un pano discret, le tout entrecoupant une série de plans larges fixes où deux hommes en attendent un troisième tout en discutant.

Godot meets Bresson. C’est l’origine du monde Guiraudie. Une mise en scène épurée, un texte, voire un flot de mots, un fleuve musical et chantant à force de lassitude.
Le cinéaste se met en scène aux côtés de Jean-Claude Fenet pour des échanges aussi anodins qu’étrangement captivants. Peut-être parce qu’on s’attache immédiatement à eux, qu’on cherche à en savoir plus, qu’on voudrait aussi voir arriver le troisième larron. Ou encore, avec le recul, parce que le film est le point de départ d’une passionnante aventure cinématographique de vingt-six ans loin d’être terminée : « Et toi au fait, ton court métrage, ça en est où? - Ben ça avance, ça devrait se faire un jour, reste à savoir quand… »

«Les héros sont immortels» d'Alain Guiraudie à voir sur vimeo

Bernard Payen