Summer of Scandals

«Eyes wide shut» de Stanley Kubrick - Dimanche 21 août à 20h50

Interview avec Fabrice Calzettoni et Rafik Djoumi:

"Eyes wide shut" Interview avec Fabrice Calzettoni et Rafik Djoumi
"Eyes wide shut" Interview de Fabrice Calzettoni et Rafik Djoumi Le film testamentaire d'un réalisateur...Interview avec Fabrice Calzettoni et Rafi Djoumi

 

Pour clore en beauté la programmation cinématographique de son Summer of Scandals ARTE diffuse Eyes Wide Shut dimanche 21 août à 20h50. La disparition soudaine de Stanley Kubrick, le 7 mars 1999, a brutalement interrompu le feuilleton délirant de la genèse de ce qui allait devenir son film posthume, Eyes Wide Shut, sorti aux Etats-Unis quatre mois après la mort du cinéaste, survenu en cours de postproduction. Adapté d’une nouvelle de Schnitzler, Traumnovelle (1929), le film décrit les turpitudes d’un couple de bourgeois new yorkais confronté aux doutes de la jalousie et de l’infidélité et surtout l’odyssée nocturne du mari, un médecin entraîné dans une série de rencontres, de tentations et de mésaventures sexuelles qui tournent au cauchemar.

Deux ans de préparation et de tournage ultra secrets, le choix du couple vedette alors formé par Tom Cruise et Nicole Kidman dans les rôles principaux et le contenu sexuel du film avaient alimenté les rumeurs les plus folles. Le résultat est évidemment génial et fut au moment de sa découverte déceptif, puisque le film attendu comme un festival de débordements orgiaques et pornographiques ne parle que de frustration et de peur. Comme la jungle et les ruines de Full Metal Jacket, des rues entières de Manhattan furent reconstituées dans la banlieue londonienne, exacerbant la dimension onirique du film, par certains aspects totalement irréaliste et déconcertant.

Comme Shining, Eyes Wide Shut est un « film cerveau » qui nous entraîne dans un voyage angoissant au cœur de la psyché humaine. Kubrick considérait Eyes Wide Shut comme son meilleur film et il avait peut-être raison. C’est un film récapitulatif, parsemé de références et de clins d’œil aux œuvres précédentes du cinéaste, mais aussi un retour aux sources de la Mitteleuropa (Schnitzler, écrivain viennois adapté au cinéma par Max Ophuls, que Kubrick admirait) et une création cinématographique profondément originale, surprenante et fascinante, toujours sur le fil du rasoir, qui démontre une ultime fois la supériorité magistrale de Kubrick en matière de mise en scène et de récit cinématographique.

Olivier Père

 

Générique

Réalisation: Stanley Kubrick
Scénario: Stanley Kubrick, Frederic Raphael
Auteur: Arthur Schnitzler
Image: Larry Smith
Musique: Jocelyn Pook
Montage: Nigel Galt
Production: Hobby Films, Pole Star, Stanley Kubrick Productions, Warner Bros. Pictures
Producteur: Brian W. Cook, Jan Harlan, Stanley Kubrick

Avec: Nicole Kidman (Alice Harford), Tom Cruise (Dr. William ‚Bill' Harford), Madison Eginton (Helena Harford), Jackie Sawiris (Roz), Sydney Pollack (Victor Ziegler), Leslie Lowe (Illona Ziegler), Todd Field (Nick Nightingale), Sky Dumont (Sandor Szavost)