ENGAGÉ

Citizen Welles

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ENGAGÉ - Citizen Welles
ENGAGÉ - Citizen Welles Avec l’entrée des États­‐Unis dans la 2nd Guerre mondiale, Welles endosse un nouveau rôle : celui de patriote. ENGAGÉ - Citizen Welles

1942 : Orson Welles enregistre Ceiling Unlimited à la radio, un programme dédié à l'effort de guerre sur CBS.


Être au service de la cause de la liberté contre ce qui est réactionnaire et rétrograde est le travail le plus sérieux que je puisse faire aujourd’hui. Le reste attendra quelques mois, jusqu’à ce que je vois quel rôle je dois jouer dans ce drame plus grand, peu importe si ce rôle est petit .

Déclaré inapte pour cause d’asthme et d’arthrite, Orson Welles ne peut rejoindre la circonscription. « Rongé par la culpabilité de n’être qu’un civil en temps de guerre », dit-il, il s’engage à sa manière dans l’effort de guerre.

Dix millions de civils mobilisés, la quasi-­totalité des industries réquisitionnée : dès 1942, l’Amérique est au service de son armée. Welles renoue avec la radio et  enregistre  des  programmes  patriotiques  qu’il  écrit,  produit  et  joue.  L’un d’entre  eux,  Ceiling  Unlimited,  est  sponsorisé  par  la  société  aéronautique Lockheed-­Vega  Corporation.  Diffusé  sur  CBS,  il  met  en  scène  des  histoires d’aviation  héroïques.  Ultra  perfectionniste,  Orson  Welles  se  documente  dans l’usine de l’aviateur, à Burbank, en Californie. Un badge d’employé au revers de sa veste, il inspecte dans le moindre détail chacun des avions, passe des heures à parler avec les ouvriers, partage leur lunchbox… Mi-­documentaire, mi-­fiction, chaque  épisode  est  une  véritable  production.  Arthur  Miller  écrit  certains scripts,  les  acteurs  du  Mercury  Theatre  prêtent  leur  voix,  le  compositeur  de Citizen  Kane,  Bernard  Herrmann,  compose  la  musique.  La  propagande  est assumée et l’objectif clairement affiché : il faut remonter le moral des troupes.

L’épisode  War  Workers,  diffusé  le  14  décembre  1942,  donne  le  ton :  tel  le héros  de  Marvel,  Captain  America,  créé  deux  ans  auparavant,  Orson  Welles sort l’artillerie  lourde pour faire vibrer la corde patriotique, en porte-­drapeau de la bannière étoilée, celle du monde libre, contre les tyrannies…

Orson Welles est-­il mu par sa seule fibre patriotique ou bien cherche-t‐il aussi à redorer un blason terni par le combat qu’il vient de perdre contre les studios RKO ? En effet, quand il enregistre Ceiling Unlimited, on vient de lui retirer le contrôle du montage final de La Splendeur des Amberson. C’est au moment où sa relation avec Hollywood se dégrade qu’il s’investit activement en politique. Proche  de  Franklin  D.  Roosevelt,  il  écrit  des  discours  pour  le  Président, intervient  dans  les  conventions  démocrates...  Il  hésite  même  à  briguer  un mandat de sénateur mais il est divorcé, statut rédhibitoire à l’époque. Sinon, qui  sait  si  Orson  Welles  n’aurait  pas  préféré  les ors du  pouvoir  à  ceux  de l’industrie cinématographique…


Projet écrit et conçu par: France Swimberge, Samuel Pott et Antoine Silvestri
Produit par:  Fanny Glissant
Illustrations : Antoine Silvestri
Graphistes : Germain Bréchot, Charlotte Baker, Ludovic Le Guyader, Claire Perrier-Imhoff-Boué
Illustratrice sonore : Marie Guérin
Production : Compagnie des Phares et Balises
© Compagnie des Phares et Balises – Arte France - 2015

Crédits vidéo « Ceiling Unlimited»: © Tous droits réservés